-FRANKENSTEIN 2025 Guillermo del Toro-
Décors : Tamara Deverell
Après plus de 460 films, 260 courts métrages et 93 séries télévisées mettant en scène la créature de Frankenstein, on pourrait penser que le sujet a été épuisé. Visiblement, il n’en est rien.

L’une des dernières adaptations est celle de Guillermo del Toro, très attendue et présentée comme l’une des plus fidèles au roman de Mary Shelley, aux côtés de Mary Shelley’s Frankenstein de Kenneth Branagh (1994).
Jacob Elrodi y donne une représentation remarquable du fameux monstre.

Del Toro voit grand, même très grand. C’est sans doute pour cette raison qu’il invente le personnage du mécène Heinrich Harlander (Christoph Waltz), chargé de financer les travaux du jeune et ambitieux baron Frankenstein (Oscar Isaac).

Et qui, mieux qu’un richissime bienfaiteur, pourrait offrir à un savant démiurge un laboratoire gigantesque installé dans un ancien château d’eau…

… dont le décorateur semble avoir croisé les façades avec celles d’une cathédrale gothique monumentale.

À l’intérieur, Frankenstein fait installer d’immenses tubes fluorescents dont on peine à comprendre la fonction, si ce n’est d’être spectaculaires et de baigner le décor d’une lumière irréelle.

Au moment de la résurrection du Christ, pardon, de la création du monstre, ces tubes passent du vert fluorescent au rouge sang afin de souligner que l’on assiste à un instant capital. La surenchère visuelle de Del Toro enfonce des portes déjà grandes ouvertes : chaque effet est souligné, amplifié, appuyé jusqu’à l’excès.

Le résultat est impressionnant. C’est beau, c’est immense, et cela produit son effet. Puis, tout explose.

Cette démesure finit par paraître davantage illustrative que signifiante, comme si la monumentalité des décors cherchait à compenser ce qu’elle peine à exprimer dramatiquement.
-FRANKENSTEIN 2025 Guillermo del Toro-