AN AMERICAN IN PARIS (Un américain à Paris) 1951 Vincente Minnelli

Tourné aux studios hollywoodiens de la MGM, dans des décors conçus par le respectable Cedric Gibbons (qui a reçu un OscarTM pour avoir construit un Paris bourré de clichés ) …


… le film « Un Américain à Paris » s’ouvre néanmoins sur quelques images de carte postale filmées sur les lieux de la capitale française, où on peut reconnaître pêle-mêle l’Arc de triomphe, l’Opéra, la place de la Concorde ou encore l’île Saint-Louis.

Un seul monument brille par son absence : la fameuse tour Eiffel – pourtant bien présente sur les différentes affiches américaines, italiennes et françaises !

Il faut attendre 93 minutes pour apercevoir la tour – enfin ! – toute petite au fond à gauche, quand Jerry Mulligan (Gene Kelly) songe à ce qu’est devenue sa vie, du haut d’un balcon, lors d’un bal costumé.

C’est un peintre sans le sou, mais il est soutenu par une dame riche et élégante (Nina Foch), qui aimerait bien recevoir quelques faveurs en échange de ses activités de mécène. Mais notre héros est tombé éperdument amoureux de Lise (Leslie Caron – qui n’a pas la grâce, ni le charisme d’une Cyd Charisse), jeune et jolie ingénue, alors que celle-ci est déjà promise à un autre… ! Le regard lourd de tristesse et perdu dans ses pensées, Mulligan fixe la tour – symbole éternel de virilité masculine …

Commence alors la séquence la plus célèbre du film (aussi la plus pompeuse au niveau musical avec un George Gershwin peu inspiré, embourbé dans les conventions du show-biz hollywoodien), qui dure 16 minutes (qui paraissent interminables), dans des décors stylisés (mais peu inspirés), évoquants de manière appuyée et maladroite les peintures de Dufy, Utrillo, Toulouse-Lautrec ou Van Gogh…

A la fin de son rêve éveillé (toujours en regardant la tour Eiffel), Mulligan comprend que le cœur de Lise ne bat en réalité que pour lui, et qu’elle en a enfin pris conscience. Elle quitte alors son fiancé et retourne vers lui pour embrasser le véritable héros de l’histoire… et surtout, pour ne pas manquer le « happy end » obligatoire…
The End
AN AMERICAN IN PARIS (Un américain à Paris) 1951 Vincente Minnelli