-FLESH FOR FRANKENSTEIN (Chair pour Frankenstein) 1973 Paul Morrissey-
Décors : Enrico Job
Produit par l’artiste new-yorkais Andy Warhol, en collaboration avec l’Italien Carlo Ponti, Chair pour Frankenstein est filmé dans les studios de Cinecittà, à Rome, à l’exception de quelques extérieurs réalisés autour du château de Passerano, dans le Piémont.

Le film est rapidement devenu « culte », grâce à ses séquences grotesques et très gore (les effets spéciaux sont signés Carlo Rambaldi, qui animera plus tard le gentil E.T. pour Steven Spielberg), ainsi qu’au jeu dément et impressionnant des acteurs Udo Kier, dans le rôle du baron fou, et Arno Jürging, dans celui de son dévoué serviteur Otto.

Udo Kier, particulièrement saisissant, incarne, avec son accent allemand très prononcé, un baron Frankenstein bien plus effrayant que ceux de ses prédécesseurs, avec pour modèle probable le criminel de guerre Josef Mengele et ses « expérimentations médicales ».

En phase avec le fait que le film est produit par un artiste de renommée internationale, le baron Frankenstein semble avoir confié la décoration de son somptueux château à Gustav Klimt. Grâce aux idées efficaces et impressionnantes du chef décorateur Enrico Job, les décors de cette production sont nettement supérieurs à ceux de nombreux autres films traitant du même sujet.

L’engouement pour l’art se prolonge également dans le laboratoire, décor central du film, où, en plus des habituels flacons colorés remplis de substances mystérieuses, des transformateurs électriques, des instruments de chirurgie et des planches anatomiques, on trouve aussi plusieurs sculptures et statues.

Cette approche oppose efficacement la beauté des lieux aux horreurs qui s’y déroulent et renvoie à une Europe décadente et dépravée.

Le laboratoire est un lieu impressionnant, spacieux et lumineux (pourtant sans fenêtres !) afin que le baron puisse y créer aisément un nouvel Adam (Srdjan Zelenovic) et une nouvelle Ève (Dalila Di Lazzaro).

Malgré la beauté de ses décors, Chair pour Frankenstein oscille constamment entre un dilettantisme assumé (les dialogues, souvent risibles, sont, comme le reste du scénario, écrits au jour le jour) et une abondance de scènes sanguinolentes et dégoûtantes, parfois difficiles à supporter.

Âmes sensibles s’abstenir.
-FLESH FOR FRANKENSTEIN (Chair pour Frankenstein) 1973 Paul Morrissey-