36 vues … ?

Le graveur français Henri Rivière réalise, entre 1888 et 1902, une série de 36 vues de la tour Eiffel, s’inspirant directement de la célèbre suite d’estampes japonaises de Hokusai intitulée Trente-six vues du mont Fuji.

La tour Eiffel y apparaît tantôt lointaine, tantôt proche, parfois centrale, parfois reléguée à l’arrière-plan. Elle est intégrée à des scènes de la vie quotidienne, à des paysages urbains ou à des compositions atmosphériques où elle dialogue avec la ville, la lumière et les saisons.

Cette logique sérielle trouve un écho évident dans le langage cinématographique. De nombreux films reprennent ce principe en montrant, souvent de manière furtive, les monuments emblématiques d’une ville à travers des plans d’ensemble ou des travellings.

Ainsi, la tour Eiffel à Paris, le World Trade Center à New York ou le pont du Golden Gate à San Francisco (pour nommer que ces trois monuments) fonctionnent au cinéma comme des motifs visuels récurrents, comparables à ceux de la gravure. Ils ancrent le récit dans un espace identifiable tout en marquant l’écoulement du temps et la progression de l’histoire.

Le cinéma prolonge ainsi, par le mouvement et le montage, une démarche déjà présente dans la gravure : celle qui consiste à explorer un même sujet sous des formes multiples, afin d’en révéler la richesse et la complexité.

Dans les deux cas, il ne s’agit pas seulement de représenter un monument, mais de le faire exister comme élément narratif, capable de structurer le regard et d’inscrire l’image dans une continuité, qu’elle soit graphique ou filmique :

36 vues de la tour Eiffel

36 vues du World Trade Center

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