SCONTRI STELLARI OLTRE LA TERZA DIMENSIONE (Starcrash : Le Choc des étoiles) 1978 Lewis Coates aka Luigi Cozzi
Affrontements stellaires au-delà de la troisième dimension
Sorti à peine un an après le succès phénoménal de La Guerre des étoiles de George Lucas (1977), la production italo-américaine Starcrash est un pur produit d’opportunisme, qui tente de copier rapidement le succès de Star Wars et de surfer sur sa vague triomphale.

Conçu avec le plus grand sérieux, mais basé sur un scénario insipide et bancal, réalisé avec trois bouts de ficelle et interprété par des acteurs hilarants (Marjoe Gortner), mauvais (David Hasselhoff) ou endormis (Christopher Plummer), le film est maladroitement mis en scène par Luigi Cozzi. Comme si cela ne suffisait pas, Starcrash souffre également d’effets spéciaux médiocres et approximatifs.

Ce manque de moyens (le film a un budget de 4 millions de dollars contre 11 millions pour La Guerre des étoiles) et de talent, précipite involontairement le film dans la parodie et – à cause de ses défauts – il devient immédiatement un film culte !

Cette consécration s’explique aussi par la présence de deux autres acteurs principaux très appréciés parmi les adeptes du cinéma bis : Caroline Munro (ci-dessus) et Joe Spinell.

Caroline Munro est une starlette très populaire, grâce à ses apparitions dans des productions de la Hammer Films (où elle se fait croquer, entre autres, par Dracula). Dans Starcrash, son personnage Stella Star est calqué sur celui de Han Solo (Harrison Ford), pilote hors pair et contrebandier roublard dans La Guerre des étoiles. Sa garde-robe sexy et provocante s’inspire d’autres amazones de l’espace, notamment Barbarella (Jane Fonda, en 1969, dans le film de Roger Vadim).

Joe Spinell, dans le rôle du comte Zarth Arn, est également un acteur culte, qui a joué une multitude de petits malfrats violents et répugnants, notamment dans Le Parrain 2 et Rocky, avant d’endosser le premier rôle dans le dérangeant Maniac (1980) de William Lustig et Les Frénétiques (1982) de David Winters – deux classiques du cinéma gore dans lesquels on retrouve également Caroline Munro. Ces deux-là valent à eux seuls le détour pour voir le film !

Les décors ont été conçus par Aurelio Crugnola, qui s’inspire fortement du design seventies tout en rondeurs du Suisse Luigi Colani (1925-2015). Colani a marqué son époque avec son mobilier aux lignes souples et douces en plastique, ses coques de télévisions arrondies et ses carrosseries charnues.

La correspondance entre les rondeurs du design et celles de Caroline Munro, souvent peu vêtue, est aussi évidente que basique. Ainsi, malgré le manque de moyens, Crugnola parvient néanmoins à produire quelques décors intéressants, comme le cockpit du vaisseau de Stella.

Pour créer un contraste, Crugnola imagine, pour l’intérieur du vaisseau du comte Zarth Arn, des formes triangulaires et pointues, destinées à souligner la méchanceté du tyran. Une approche simple mais efficace.

Quelques décalages d’échelle entre les acteurs, insérés dans des miniatures en plastique ou simplement devant des fonds peints, créent des séquences quasi surréalistes, où l’on peut se demander si l’effet était intentionnel.

Capturée par des amazones à la solde du comte Zarth Arn, Stella Star se retrouve face à une étrange méridienne doublée d’un poste de télévision – autre hommage éhonté à Luigi Colani. Détail curieux : celui qui est installé sur le divan ne peut pas voir l’image de l’écran au-dessus. Dommage que le film n’explique pas son fonctionnement !

D’autres décors, comme celui de la séquence de condamnation de l’intrépide Stella Star et de son vaillant copilote Akton, semblent s’inspirer de la découverte du monolithe sur la Lune dans 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (!).

Contrairement à la sobriété colorimétrique de l’univers de La Guerre des étoiles, Starcrash évolue dans une ambiance disco qui privilégie les teintes sursaturées, typiques du giallo italien des années soixante-dix. De simples ampoules multicolores de guirlandes suffisent à Crugnola pour créer tout un univers !

Ambiance disco – oui, mais sans atteindre la classe, ni le niveau « camp » de Flash Gordon de Mike Hodges – autre grand délire cosmique des années quatre-vingt !
SCONTRI STELLARI OLTRE LA TERZA DIMENSIONE (Starcrash : Le Choc des étoiles) 1978 Lewis Coates aka Luigi Cozzi