Alerte canicule !

THE DAY THE EARTH CAUGHT FIRE (Le jour où la terre prit feu) 1961 Val Guest

En 1961, il fallait encore des essais nucléaires démesurés pour justifier — et provoquer — un dérèglement climatique majeur.

C’est en tout cas le point de départ du film catastrophe réalisé par Val Guest, qui retrace — à travers le regard de quelques journalistes britanniques — les conséquences planétaires d’un réchauffement climatique brutal. Le propos, étonnamment lucide pour l’époque, résonne aujourd’hui avec une clairvoyance troublante.

Tempêtes, inondations, sécheresses, incendies à grande échelle : le climat s’emballe à un rythme effréné, dans un monde de plus en plus hostile. En toile de fond, une humanité impuissante face à la crise qu’elle a provoquée.

Mais là où le film anticipait une catastrophe d’origine nucléaire, la réalité, elle, a fini par rattraper la fiction… sans même qu’il soit besoin d’une explosion atomique pour tout faire basculer.

L’impact visuel de cette apocalypse climatique est l’œuvre de Les Bowie, pionnier des effets spéciaux au sein des studios Hammer. Il réalise plusieurs peintures sur verre (les fameux matte paintings1) dans lesquelles sont incrustés acteurs et voitures, pour créer un Londres en plein chaos climatique, où encore un Taj Mahal entouré de cadavres.

¹ Un autre exemple du travail de Les Bowie utilisant cette technique se trouve dans l’article consacré à Si Paris l’avait su de Terence Fisher.

Pour un budget très modeste — environ £17 500 à £20 000 — il vide la Tamise de son eau…

… et montre Picadilly Circus, artère animée de la capitale, sous un voile de poussière désolant, entièrement désertée par ses habitants.

Le technicien regrettait le rendu de certains effets, notamment une grande nappe de brume censée envelopper la ville : « J’ai voulu le refaire, mais on n’avait plus de budget… »

Mais il réussit brillamment à montrer Berlin et sa fameuse porte de Brandebourg, brûlées par les rayons du soleil et abandonné par ses habitants.

On pourrait en dire encore long sur ce film, porté par les performances de Leo McKern, Edward Judd et Janet Munro, réunis ici avec Gene Anderson pour prendre un dernier verre avant la fin du monde

… mais il fait trop chaud !

THE DAY THE EARTH CAUGHT FIRE (Le jour où la terre prit feu) 1961 Val Guest

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