THE LAVENDER HILL MOB (De l’or en barres) 1951 Charles Chrichton
Si « De l’or en barres » n’est pas le meilleur film des studios Ealing1, spécialisés dans les comédies loufoques, le scénario s’avère très imaginatif dans l’utilisation de la tour Eiffel, comme décor et comme sujet.
1Entre 1949 et 1951, les studios Ealing tournent plusieurs classiques incontournables de la comédie britannique, comme « Passeport pour Pimlico », « Whisky à gogo », « Noblesse Oblige » et « L’Homme au complet blanc ».

Un gang d’apprentis voleurs, dirigé par Dutch Holland (Alec Guinness), modeste convoyeur de banque, décide de dérober une quantité importante de lingots d’or à Londres.

Mais il s’avère que camoufler le butin est encore plus compliqué que réaliser le hold-up lui-même… Et l’extraire du Royaume-Uni demande encore plus de génie aux malfaiteurs, qui rêvent de se la couler douce au Brésil.

Holland conçoit alors le plan de s’associer à Al Pendlebury (Stanley Holloway), producteur et exportateur d’articles en plomb pour magasins de souvenirs, dont le produit phare est la réplique de la tour Eiffel, vendue à Paris comme il se doit. Les deux compères décident de fondre les lingots et de leur donner l’apparence de simples babioles touristiques !

La première partie du plan se déroule sans encombre : malgré quelques maladresses de la petite équipe, le hold-up est un succès et le butin est fondu et transformé en tours Eiffel miniatures, avant d’être envoyé en France.

Mais patatras, Holland et Pendlebury n’arrivent pas à intercepter toutes les caisses à temps… L’une d’elle arrive malencontreusement à destination, et plusieurs répliques de la tour en or massif sont vendues comme souvenirs à des petites écoliers anglais, en visite dans la capitale française !

Une « chasse à la tour » commence alors dans l’édifice même. Tandis que les écoliers prennent l’ascenseur pour descendre, Holland et Pendlebury dévalent à toute berzingue les escaliers en colimaçon (déjà brièvement évoqués ici : « Ca tournicote« ) pour rattraper les enfants et récupérer les six des précieuses statuettes manquantes …

« De l’or en barres » est ainsi l’un des rares films où la tour Eiffel n’est pas uniquement simple décor d’arrière-plan pour situer l’intrigue. Il donne lieu à une course poursuite effrénée et infiniment drôle et joue en même temps malicieusement avec la commercialisation du monument qui devient ici le moyen de réussir un hold-up aussi farfelu que spectaculaire …

… enfin presque.
THE LAVENDER HILL MOB (De l’or en barres) 1951 Charles Chrichton