Ca tournicote

DER ZINKER (L’Énigme du serpent noir) 1971 Alfred Vohrer

L’escalier hélicoïdal, aussi appelé escalier à colimaçon (du normand calimachon = « escargot ») ou escalier à vis, est un escalier à marches rayonnantes axés sur un noyau central constituant l’appui.

LE SPIE VENGONO DAL SEMIFREDDO (L’espion qui venait du surgelé) 1966 Mario Bava

Plus rarement, il comporte un jour central, comme ce magnifique exemple d’escalier à double révolution du Cavalieri Hilton construit en 1963 à Rome, et présent dans plusieurs films italiens des années soixante et soixante-dix.

ALPHAVILLE 1965 Jean-Luc Godard

Le jour central permet de créer une envolée de marches dynamiques, uniquement portées par les limons périphériques, afin de créer des véritables sculptures au design épuré et élégant.


DIE SELTSAME GRÄFIN (L’Étrange Comtesse) 1961 Josef von Baky

Mais l’escalier à vis est surtout apprécié parce qu’il est très économe en emprise au sol ; on le trouve donc logiquement souvent dans des vieux manoirs comme escalier de service pour aller à la cave ou au grenier …

THE BLACK CAT (Le Chat noir) 1934 Edgar G. Ulmer

Souvent un peu branlant et interminable, il permet de passer rapidement d’un niveau à l’autre (surtout quand on est poursuivi par un inconnu).

LE DERNIER METRO 1980 François Truffaut

Comme on peut le remarquer la plupart du temps, les femmes précédent les hommes dans un escalier hélicoïdal. Pour une raison bien simple, en tout cas selon Truffaut, qui fait monter Catherine Deneuve en premier et laisse dire à son mari (Heinz Bennent), qui la suit : « Tu crois que je te laisse passer devant par politesse ? Eh bien, pas du tout, c’est pour regarder tes jambes. »

THE HAUNTING (La Maison du diable) 1963 Robert Wise

Ce type d’escalier est souvent en métal (ou en fonte) avec des marches en claire-voie pour les rendre plus légères et transparentes.

THE HAUNTING (La Maison du diable) 1963 Robert Wise

Son axe centrale a tendance à se décrocher subitement dans les films d’épouvante, tel que « La Maison du diable », où il menace de s’écrouler avec la vedette de l’histoire (ici Julie Harris) !

DEAD OF NIGHT (Au coeur de la nuit) 1945 Cavalcanti, Hamer, Crichton, Dearden

Ainsi, la forme de spirale tournante est souvent utilisée par les cinéastes comme allégorie du tourment ou de la frayeur ressentie par le personnage (ici Walter Craig) …

LE CERCLE ROUGE 1970 Jean-Pierre Melville

… ou pour annoncer un danger imminent (ici à Alain Delon, dubitatif et méfiant).


LAVENDER HILL MOB (De l’Or en barres) 1951 Charles Crichton

Dans tous les cas, la ligne de foulée d’un escalier à colimaçon forme une hélice qui crée un mouvement cinégénique.

Une course des plus virevoltante est ainsi filmée dans l’excellente comédie britannique « De l’or en barres » avec la descente frénétique de la tour Eiffel par Dutch (Alec Guinness) et Al (Stanley Holloway) empruntant l’un des escaliers hélicoïdaux de la structure.

Arrivés enfin tout en bas de la tour, ils continuent de virevolter …

ZAZIE DANS LE METRO (1960) Louis Malle

Un gag qu’on retrouve aussi dans « Zazie dans le métro » de Louis Malle, avec la descente interminable de Zazie (Catherine Demongeot) et de Charles (Antoine Roblot), qui continuent de discuter des choses de la vie.

GIORNATA NERA PAR L’ARIETE (Journée noire pour un bélier) 1971 Luigi Bazzoni

L’escalier hélicoïdal est un lieu de transition, souvent utilisé pour accentuer un moment décisif de l’histoire, un passage vers l’inconnu ou une rencontre importante, …

KOROSHI NO RAKUIN (La marque du tueur) 1967 Seijun Suzuki

… et plus … si affinités.


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